Je lâche ta main

Je lâche ta main
La perception véritable se détourne en silence. Combien de minutes sont mortes pour un temps régulier ? Je trouve un sens au fond de l'être, les mots sont lacérés, serrés les un aux autres, se rassurer entre eux et leurs sens disparait. Ils ne traduisent pas la pensée, le corps n'est plus délimité, la pensée s'organise en retrait. Elle se resserre, s'éloigne parfois tournant autour d'un cercle qui se divise en jonctions parallèles. Je ressens l'impression, tes sensations, je me nourrie des autres. Je pourrai me perdre totalement dans le latent, pour ne pas choisir, ne plus ressentir. L'incompréhension est comblée par l'analyse des gestes, du moindre mouvement de tes cils, du plus léger frisson, ton sourire. La douleur est conservée qu'elle part, au passé.
Alors perdue là, j'attends une autre de tes pensées, une à laquelle je puisse me raccrocher.
lilly

# Posté le mercredi 25 novembre 2009 13:50

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J'ai compris que le maintenir ne servait à rien, la réalité se déchire, il n'y a pas d'entre deux.
Après plusieurs années dans ce huit clos, le reste est oppressant et aurait conduit à sa perte. Les obsessions me semblent appartenir à la volonté légitime de se protéger, tenter de trouver des réponses, de consolider les raisons parfois absurdes en se construisant un réseau de pensées plus neutres et plus vrai que celles déjà apportées. C'est inutile, mais le temps peut passer, la douleur s'évapore et vient s'incorporer aux sensations et aux mots qui peuvent être exprimés.
Même en stimulation permanente, je crois que le ressenti reste inchangé, que les difficultés sont les mêmes. Ce n'est qu'un dérivatif, pour combler l'absence, encore une fois rien que du palliatif pour jouer sur le temps et rassurer l'angoisse.
Déposséder les données pour les rendre perméables. Chaque jour correspond à notre propre capacité à endurer l'externe puis à l'assimiler, à l'intérioriser.
lilly

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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 09:00

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 09:21

- Il n'y a aucun code...

- Il n'y a aucun code...
Trois nombres entremêlés renfermeront ton monde, douce agonie primaire.
Les sillons sont profonds, les cellules s'y perdent. Il avale le réel pour posséder l'image, chaque mot cache un message plus ou moins singulier, pour embellir l'abstrait. Les différentes notes reflètent l'illusion, c'est la phase transitoire, trop courte et sans appel. Les ongles s'enfoncent très loin à la surface, l'esprit s'en va. Quelqu'un est là pour toi, pour t'accueillir encore et supporter l'absence.
Les nuits contrairement aux idées reçues, se rattachent au réel, le sens est rendus, les sensations aussi. Rien ne meurt vraiment, les quelques souvenirs sont des moments perdus, quelque part on renait. Le monde est plus beau teinté de blanc, transparent. Les liens restent immortels comme un transfert passif de la promiscuité.
Les gens partent, nous restons, l'inverse n'a pas de sens.
Pourtant je suis partie juste pour remplir le vide, contre ma volonté, en l'absence de toute volonté, j'ai frôlé le retour de si nombreuses fois. Je reviendrai un jour.
Lilly

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 14:06

Hier

Hier
Nos talons claquent sur les pavés, la nuit est froide et les nombreuses vodkas teintées d'espoir ne colorent pas l'obscurité. Je crois que j'ai peur, je me tourne vers elle et dans un murmure inaudible je lui transmets mes doutes.
Elle tire nerveusement sur ma marlboro light, je la regarde envelopper le silence.
Il y a beaucoup de vent et à plusieurs reprises ses cheveux viennent se perdre dans mes yeux, je laisse couler mes larmes, je ne pleure pas vraiment.
La nuit est semblable à un rêve, les mensonges se détachent, les réponses viennent par vagues, elles s'écrasent dans ma tête.
Je m'assoie sur notre banc, je cherche les étoiles, il n'y en a pas. Ce soir les filles sont sorties, je n'avais jamais remarqué. Je trouve ça triste. De ce coté de la rue on a l'avant et de l'autre, derrière les grilles un après. Ça me rappelle une discussion un soir de juin, Natacha m'avait dit "je ne suis pas comme elles", j'avais souri.
lilly

# Posté le dimanche 15 novembre 2009 11:07

Salope

Salope
Que faire, à part regarder se creuser le fossé, prendre part à l'écart entre nous et le monde.
Se taire, tuer sa différence sous des molécules incolores.
En suspension, à la surface, des pensées. J'écoute les discutions sans y prendre part, plus de passé, pas d'identité. Les récentes réformes enterrent les dernières illusions, je plains ceux qui suivront. Des mots qui tombent et rebondissent, un seul mot, là bas c'était suffisant. Et aujourd'hui il flotte autour de moi, il s'est mêlé aux autres, un parfum étranger. Parfois elle disparait, elle m'offre une lente pause alors j'oublie, je m'autorise à vivre, un peu et puis la fin. Les modalités familières, tellement familières que presque rassurantes.
Elle danse dans ma tête, vient courir dans mes veines latente et irréelle. Elle rétablit l'osmose, l'équilibre subtil entre vie et la mort. Je la laisse posséder chaque parcelle de l'esprit et je vis.
Je vis, à l'extrême sans sommeil, sans rêve, ça à un grand coté jouissif, plongé au c½ur du narcissisme tout n'est que sensation, un défi permanent contre lois biologiques, ma liberté.
Je suis la victime de l'attrait que ma moitié psychique voue à la prétendue stabilité.
Je ne suis plus grand-chose, j'ai sacrifié l'entier pour la normalité.
La maison est en feu, j'ai juste sauvé les meubles. Je suis partie à temps, je ne regrette rien, la solitude, c'est tout. Le pardon, grâce à eux mon inconscient est très bavard, c'est déjà ça, je pardonne le reste. Un jour, j'y retournerai, quand ça fera moins mal je jetterai mes rêves, mes espoirs, ma souffrance sur ça putain de blouse blanche et ça sera terminer. Je la retrouverai, j'ai tellement de chose à lui dire, elle à tellement de choses à voir. Je voudrai seulement lui ouvrir les yeux, qu'elle voit à quel point c'est douloureux. On voudrait tous des larmes, mais il n'y en aura pas, les médecins n'ont pas à s'excuser, surtout pas toi, tu risquerais de briser le mythe, est-ce que dieu peut pleurer?
lilly

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 09:13