Salope

Salope
Que faire, à part regarder se creuser le fossé, prendre part à l'écart entre nous et le monde.
Se taire, tuer sa différence sous des molécules incolores.
En suspension, à la surface, des pensées. J'écoute les discutions sans y prendre part, plus de passé, pas d'identité. Les récentes réformes enterrent les dernières illusions, je plains ceux qui suivront. Des mots qui tombent et rebondissent, un seul mot, là bas c'était suffisant. Et aujourd'hui il flotte autour de moi, il s'est mêlé aux autres, un parfum étranger. Parfois elle disparait, elle m'offre une lente pause alors j'oublie, je m'autorise à vivre, un peu et puis la fin. Les modalités familières, tellement familières que presque rassurantes.
Elle danse dans ma tête, vient courir dans mes veines latente et irréelle. Elle rétablit l'osmose, l'équilibre subtil entre vie et la mort. Je la laisse posséder chaque parcelle de l'esprit et je vis.
Je vis, à l'extrême sans sommeil, sans rêve, ça à un grand coté jouissif, plongé au c½ur du narcissisme tout n'est que sensation, un défi permanent contre lois biologiques, ma liberté.
Je suis la victime de l'attrait que ma moitié psychique voue à la prétendue stabilité.
Je ne suis plus grand-chose, j'ai sacrifié l'entier pour la normalité.
La maison est en feu, j'ai juste sauvé les meubles. Je suis partie à temps, je ne regrette rien, la solitude, c'est tout. Le pardon, grâce à eux mon inconscient est très bavard, c'est déjà ça, je pardonne le reste. Un jour, j'y retournerai, quand ça fera moins mal je jetterai mes rêves, mes espoirs, ma souffrance sur ça putain de blouse blanche et ça sera terminer. Je la retrouverai, j'ai tellement de chose à lui dire, elle à tellement de choses à voir. Je voudrai seulement lui ouvrir les yeux, qu'elle voit à quel point c'est douloureux. On voudrait tous des larmes, mais il n'y en aura pas, les médecins n'ont pas à s'excuser, surtout pas toi, tu risquerais de briser le mythe, est-ce que dieu peut pleurer?
lilly

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 09:13

.

.
L'ombre de tes pas est salit par la neige, les mots s'en sont allés.
Le souvenir reste, trahi par la mémoire, blessé par le présent, ancré dans le passé. L'image de la pureté se défait de l'espoir, elle vient violer les rêves qui l'on accompagnée, elle s'en va pour toujours loin de ce temps abstrait, loin de nos pauvres bras qui longtemps l'on bercée.
Rien qu'une autre fissure dans la réalité, une autre larme morte le long de mon poignet. Et la neige est tombée, tout recouvrir enfin pour qu'il y ait un demain.
Je crois qu'il n'y en a plus, le compteur à zéro, un seul jour éternel, j'attends la différence. Et pourtant tous les jours je formate le rêve pour des attentes neutres, un monde aseptisé, pour pouvoir continuer.
lilly

# Posté le mardi 03 novembre 2009 12:08

Solitude rationnelle

Solitude rationnelle



La résonance des ecchymoses sur le passé est la même que celles des pétales fanées, des barrières sur le rêve. Je me souviens de la facilité avec laquelle elle glisse sur mon poignet, la tonalité presque mélancolique dont elle se voile lorsqu'elle cisèle la réalité. C'est sur ton c½ur, quelque part en retrait, que j'écoutais les saisons changer...
La confusion s'étend en pensée insondable.
Fermée, juste au milieu, seulement dans le contexte, ses doigts baladent la solitude rationnelle sur le dernier éclat de verre. Les images s'enchainent, il les laisse se répandre en ombres continues, l'extérieur s'évapore. L'inhérence de la pensée contre le contenant, le malaise lui-même parait incohérent, des lignes qui se fendent où les cellules meurent.
lilly

# Posté le lundi 21 septembre 2009 04:37

Modifié le samedi 10 octobre 2009 11:17

19-05-06

19-05-06
Mes yeux se perdent face à l'attraction du vide. Dans la voiture qui m'amène à l'hôpital, j'essaye de compter machinalement les kilomètres qui séparent mon départ à celui du point de non retour. Des milliards de questions cognent dans ma tête, tenir sous la pression il n'y a que ça qui compte.
Le temps s'est finalement arrêté pour s'immortaliser au contact du rouge qui m'aveugle. Peut être est-ce quand on ne distingue plus rien que l'on comprend que quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse la partie est déjà jouée, que seule l'issue finale peut différer, qu'à cet instant précis dans le noir total tout devient clair.
Je sais qu'un jour tout effacera.
Au feu rouge, je suis sortie de la voiture, avant que le temps ne se remette à courir dans mes veines. Au hasard des rues, je ne sais plus qui je suis, je n'ai aucun endroit ou aller, je veux seulement fermer les yeux.
Je ne sais pas comment j'ai pus en arriver là, le souvenir est flou, inexploitable, la mémoire se tait.
Le seul souvenir que j'ai de cette journée, c'est le bruit de ses pas, le silence instable autour de sa voix et son image qui s'en va, ne se retourne pas, son reflet qui s'efface.

Puis sans comprendre comment ni pourquoi, je franchissais les grilles, la porte claque derrière moi. Les murs de l'hôpital m'entrelacent déjà, le couloir est sombre et peu éclairé pourtant je me sens happée par ce blanc immaculé.
Tout l'hôpital dort, mes proches s'en vont.
J'ai pleuré, j'ai supplié, ils sont partis, cette image là à quelque chose de définitif. Un jour je terminerai le deuil commencé...
Une infirmière me montre ma « chambre », m'explique où ranger mes affaires, on me donne un calmant puis la porte se referme.
La pièce danse autour de moi et c'est peut être la plus belle chose qu'il m'ait été donné de voir, ça ne signifie rien.





lilly

# Posté le samedi 19 septembre 2009 12:57

Modifié le samedi 10 octobre 2009 11:19

.

.
Trop de logique dans l'abstrait, il n'y aura pas de rémission, plus d'illusions.
En conflit interne, je laisse leurs molécules dévorer le reste, j'ai tué mon affectif, démoli la réalité, il n'y a plus rien de vrai.
Le délire et la réalité s'entrecroisent plus qu'il n'y parait.
Un jour je m'injecterai la mort délicate, cette seule pensée est une sorte de liberté.


Aphasie passive
lilly
















# Posté le mercredi 09 septembre 2009 13:56

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 10:10