Se taire, tuer sa différence sous des molécules incolores.
En suspension, à la surface, des pensées. J'écoute les discutions sans y prendre part, plus de passé, pas d'identité. Les récentes réformes enterrent les dernières illusions, je plains ceux qui suivront. Des mots qui tombent et rebondissent, un seul mot, là bas c'était suffisant. Et aujourd'hui il flotte autour de moi, il s'est mêlé aux autres, un parfum étranger. Parfois elle disparait, elle m'offre une lente pause alors j'oublie, je m'autorise à vivre, un peu et puis la fin. Les modalités familières, tellement familières que presque rassurantes.
Elle danse dans ma tête, vient courir dans mes veines latente et irréelle. Elle rétablit l'osmose, l'équilibre subtil entre vie et la mort. Je la laisse posséder chaque parcelle de l'esprit et je vis.
Je vis, à l'extrême sans sommeil, sans rêve, ça à un grand coté jouissif, plongé au c½ur du narcissisme tout n'est que sensation, un défi permanent contre lois biologiques, ma liberté.
Je suis la victime de l'attrait que ma moitié psychique voue à la prétendue stabilité.
Je ne suis plus grand-chose, j'ai sacrifié l'entier pour la normalité.
La maison est en feu, j'ai juste sauvé les meubles. Je suis partie à temps, je ne regrette rien, la solitude, c'est tout. Le pardon, grâce à eux mon inconscient est très bavard, c'est déjà ça, je pardonne le reste. Un jour, j'y retournerai, quand ça fera moins mal je jetterai mes rêves, mes espoirs, ma souffrance sur ça putain de blouse blanche et ça sera terminer. Je la retrouverai, j'ai tellement de chose à lui dire, elle à tellement de choses à voir. Je voudrai seulement lui ouvrir les yeux, qu'elle voit à quel point c'est douloureux. On voudrait tous des larmes, mais il n'y en aura pas, les médecins n'ont pas à s'excuser, surtout pas toi, tu risquerais de briser le mythe, est-ce que dieu peut pleurer?
lilly